Autre lieu insolite... autre histoire...
Encore plus loin dans ma mémoire... je devais avoir... 23 ou 24 ans...
Un de mes amis (appelons-le X.) était inspecteur de police (je sais, personne n'est parfait :-). Il m'avait invité dans son commissariat de banlieue, après le travail.
L'idée de rentrer sans inquiétude particulière dans un tel endroit me tentait bien. D'habitude, on y va parce que l'on est convoqué, ou pour déposer plainte, voire pour une réclamation suite à une contravention injustement (bien sûr :-) reçue.
Là, pour une fois, j'étais invité. Ça changeait !
Je le retrouve donc. Bureau classique, administratif, un peu triste. Une machine à écrire mécanique (pas d'informatique à l'époque), des tables en bois, des chaises en skaï. On discute de tout et de rien, puis un de ses collègues passe la tête dans le bureau, et lui dit qu'on est attendus dans la pièce à côté. X. sourit, se lève et je le suis, un peu surpris, me demandant ce qui se passe.
Dans la pièce à côté, il y avait tout simplement un pot, des policiers de son service fêtaient je ne sais trop quoi. Il m'explique que, vu l'heure, ils n'étaient plus de service et pouvaient donc boire de l'alcool. Moi, je m'en fichais bien et puis un pot, c'est toujours sympa... Ils étaient une dizaine, tous en civil. Peu de femmes.
Les femmes, justement, il y en avait deux. Et X. me dit avec un grand sourire : "Je vais te présenter notre grand-mère". Et il me présente à... la plus jeune des deux ! Il m'explique devant elle (appelons-là Y.), qu'elle a eu sa fille à 18 ans, et que cette dernière vient, à 18 ans, d'avoir un enfant à son tour. Je souris et suis stupéfait qu'une femme aussi jeune puisse être grand-mère, mais il a mathématiquement raison !
La soirée s'avance et j'avoue que je bois un peu... un peu plus qu'un peu, même... Bah, à l'âge que j'avais à l'époque, j'avais bien des excuses, n'est-ce pas ?
Bien évidemment, je suis attiré par cette femme, belle, dont le look me fait penser à l'actrice Stéphane Audran.
Je continue de discuter avec X. et Y., mais nous commençons à être moins nombreux au fur et à mesure que la soirée s'avance.
A un moment, je m'absente pour aller chercher je ne sais plus trop quoi, dans la poche de mon blouson, laissé dans le bureau de X. J'entre, j'allume la lumière (il faisait déjà nuit) et je me dirige vers le vêtement posé sur le dossier d'une chaise.
La porte s'ouvre dans mon dos, je me retourne. Y. entre dans la pièce avec un léger sourire, referme la porte et, un doigt sur les lèvres, éteint la lumière et me rejoint. Je n'ai même pas le temps de dire quoi que ce soit. Elle se colle contre moi, m'enlace, m'embrasse, parcourt mon corps de ses mains impatientes et plus que curieuses...
J'avoue ne pas être très à l'aise, surpris et inquiet, car la porte peut s'ouvrir à chaque instant ! Elle n'en a cure et continue baiser et caresses de plus belle.
Bon, c'est vrai, je ne reste pas insensible non plus et je réponds à ses avances... Et puis, je me dis qu'elle sait sans doute ce qu'elle fait...
Tout à coup, elle s'appuie sur bureau contre lequel nous étions, s'assoit dessus, dégrafe ma ceinture, me libère rapidement, remonte sa jupe à la taille et se renverse en arrière parmi les dossiers, en me faisant clairement comprendre ce qu'elle attend de moi. Le croirez-vous ? mais je me suis exécuté, sans doute l'esprit embrumé de vapeurs d'alcool pour ne pas me rendre compte du risque de la situation...
Je ne sais si quelqu'un est entré dans la pièce tandis que je lui faisais ainsi l'amour, mais je me souviens encore de cette image, ce corps renversé sur un bureau, éclairé par la lueur blanchâtre des lampadaires de la rue, cela reste une vision forte que je garde encore, plus de 20 ans après...
Nous nous sommes rajustés ensuite, et nous sommes retournés rejoindre le groupe, où X. était toujours en train de boire et de parler...
Je me demandais comment notre disparition (au fait, combien de temps avait-elle duré ?) allait être accueillie, et même si quelqu'un l'avait remarquée. J'ai bien noté quelques sourires, ça et là, sur les visages... mais c'était peut-être le fruit de mon imagination.
Quand X. m'a raccompagné chez moi, il a éclaté de rire : il m'a avoué que Y. était connue pour ses frasques sexuelles, son "appétit" de chair fraîche, et qu'il se doutait bien qu'en lui présentant un petit jeune (eh oui, j'avais 24 ans à l'époque, je le rappelle), elle allait se jeter sur moi !
Notre disparition avait bien entendu été remarquée et du coup, nous pouvions être tranquilles dans le bureau ! Y. avait le champ libre, c'était évident.
Je l'ai croisée par la suite une ou deux fois dans les bureaux de ce commissariat, mais je n'ai jamais refait l'amour avec elle...