A croire que nous aimons cultiver les paradoxes, la folie, les incongruïtés... et que se faire du mal reste un doux plaisir...
Hier soir, sortie en club avec M., histoire de boire un verre dans un endroit où les câlins tendres sont possibles sans provoquer un délit.
Coincés par nos horaires (surtout les miens) entre travail et vie de famille, nous sommes arrivés peu avant la fermeture. Nous étions donc les seuls clients. Le club pour nous tous seuls ! Une aubaine !
Et pourtant...
Nous avons commencé par discuter et plaisanter avec la barmaid. Puis nous avons continué à une table. Nous n'avions que l'embarras du choix. Certes, nous étions proches, tendrement enlacés (l'endroit s'y prêtait, n'est-ce-pas ?) mais nos discussions furent bien sages, même si elles eurent des accents passionnés dans les propos échangés.
Et nous reprîmes sagement le chemin de nos domiciles respectifs, sans même avoir envisagé de câlins dans l'un des nombreux salons vides et pourtant accueillants du club.
Même sur le chemin du retour, aucun lieu propice ne se présentant, malgré l'envie qui était la nôtre, nous fûmes bien sages...
Le bilan de cette soirée pourrait paraître bien négatif. Mais à bien y songer, il est au contraire plein de points positifs et agréables : n'est-il pas doux de passer un moment à découvrir l'autre, mieux encore, à profiter de sa compagnie sans précipitation, à "s'offrir le luxe" d'une attente supplémentaire et à s'attacher à échanger beaucoup plus que des frissons épidermiques, parfois bien superficiels au regard de la richesse de la personnalité attachante et émouvante que l'Autre peut représenter pour nous ?
Bien sûr, notre prochaine rencontre risque d'être beaucoup plus intense et torride... ne serait-ce que pour combler nos attentes qui croissent chaque jour un peu plus...
Mais ce moment d'égarement dans un espace de douceur, d'émotions, de découvertes de nos personnalités... est une telle richesse que je suis heureux et ému que nous ayons pu nous en offrir le luxe hier soir...