Les personnages :
- le père,
- sa fille (17 ans 1/2, future électrice)
La fille est resté à la maison, tandis que ses parents se rendaient au bureau de vote.
La fille : Alors, pour qui as-tu voté ?
Le père : Je ne le dirai pas, le vote est un acte secret.
La fille : Allez, dis-moi... T'as voté "oui" ?
Le père : C'est secret, te dis-je.
La fille : Mais enfin, dis-moi ! T'as voté "non" ?
Le père : C'est secret : tu ne le sauras pas, na !
La fille : Maman m'a dit qu'elle n'avait pu choisir et qu'elle n'avait pas voté.
Le père (qui connaît le choix de son épouse) : Tu crois ce que t'a dit ta mère ? Elle a répondu cela pour se débarrasser de toi, voyons !
La fille (indignée) : Mais alors ? Qu'a-t-elle voté ?
Le père : Tu ne le sauras pas non plus.
La fille : Dis-moi ce que vous avez voté, tous les deux !
Le père : Non, car c'est secret. Et puis, pour une future électrice, tu aurais pu t'y intéresser et venir avec nous au bureau de vote, au lieu de rester à écouter ou regarder des clips vidéo.
La fille : De toute façon, le débat est pipé. On ne peut que voter "Oui". Si on vote "Non", ils nous referont voter dans 2 ans !
Le père (surpris) : Comment ça ?
La fille : Oui, bien sûr. Et tant qu'on n'aura pas voté "Oui", ils nous referont voter. Autant dire "Oui" tout de suite pour être tranquille !
Le père : Mais enfin, tu as de droit de dire "Non", même si ça ne sert à rien : ce n'est pas parce que tu ne peux pas refuser ce qu'on te sert à manger que tu dois dire que c'est bon !
La fille : Pfff... ça ne sert à rien, de toute façon.
Le père : Eh bien, tes choix de vote sont très enthousiastes, je vois ça...
La fille quitte la pièce. Fin du dialogue.
Le père (se parle à lui-même, pensif) : Hélas, elle a tout compris. Son raisonnement est très réaliste. J'aurais préféré plus d'idéal, plus de conviction... Construire l'avenir mérite plus d'optimisme...