Une amie m'a posé la question.
Je développe et cultive cette conception de non-jalousie (cf mes autres posts) selon elle, parce qu'elle sert admirablement bien mes "instincts" de charmeur, mon point de vue.
Aurait-elle raison ?
J'avoue ne pas y avoir pensé, mais mon ouverture d'esprit me pousse bien évidemment à y réfléchir. Car elle pourrait tout à fait voir juste. Mon subconscient trouverait-là une justification et une excuse faciles.
Pourtant, je pense que, même si elle peut avoir raison, ce n'est pas opposable et cela ne vient pas contredire mon propos précédent sur le concept.
En fait, c'est encore, j'en ai bien peur, une de ces dualités du style "l'oeuf ou la poule" : est-ce la poule qui fait l'oeuf, ou bien l'oeuf qui fait la poule ?
En quelque sorte, suis-je non-jaloux parce que je suis volage, ou bien volage parce que non-jaloux ?
Je crois que la non-jalousie a ses racines ailleurs. Dans mon éducation tout d'abord. L'envie y a toujours été représentée comme un pêché. Donc je ne suis pas envieux (donc jaloux) de ce que les autres ont ou font.
Tout au plus m'arrive-t-il de culpabiliser sur mes échecs, mais pour tenter de me ressaisir et de faire aussi bien qu'eux.
De même, je n'ai aucun sentiment de possession vis-à-vis de quiconque. Que ce soit mon épouse ou mes enfants, ils ne m'appartiennent pas. D'ailleurs, écrire "mon, ma, mes" me choque souvent, même si je ne vois pas comment faire autrement.
Si "mon" épouse avait une aventure de son côté, je me suis déjà demandé comment réagir.
Je crois que c'est surtout à moi que j'en voudrais, parce que je n'ai pas su faire en sorte que son bonheur passe par moi. Mais ce n'est pas de la jalousie. A moi de faire en sorte de garder une place dans sa vie. Mais dois-je exiger une quelconque exclusivité ? Je n'en sais rien. Sincèrement.
Si au moins j'ai une place où pourra s'exprimer l'amour et la tendresse, l'affection que j'ai pour elle, alors suis-je en droit d'exiger plus ?
Ça me semblerait presqu'inconcevable, presqu'obscène.
Je sais que cette façon de voir peut choquer. Moi-même, je pense avoir été beaucoup plus "idéaliste" que cela. Enfin, non pas idéaliste, mais plutôt conventionnel. Car ce que j'exprime est pour moi un idéal, au même titre que d'autres. Et avec le temps, ma personnalité a évolué, ma conception et mon point de vue sur les idées, les choses, les gens également.
Je ne suis pas sûr qu'elle - mon épouse - partage ce point de vue. Je pense même qu'elle en serait profondément choquée. Et pourtant, je la respecte infiniment, mais sur ce point, nos conceptions, sans doute identiques il y a plus de 20 ans déjà, divergent actuellement. Pour autant, cela n'enlève rien au sentiment que j'ai pour elle, quoi qu'on puisse en penser.
Alors, non-jaloux par intérêt ou par conviction ?
Je crois que je n'ai toujours pas la réponse...
Mais je ne suis pas sûr qu'elle m'intéresse...
Savoir comment et qui je suis m'est important.
Savoir pourquoi ne me changera pas, et je m'aperçois, finalement, que c'est très secondaire.