Le beau est éphémère.
Le beau est fragile.
Cette sensation de toucher à l'ineffable, de vivre un moment d'éternité en cette présence...
L'impression d'être touché par la grâce...
L'impression que le temps s'arrête, que ce que je vis est unique...
L'amertume et le vertige qui me saisissent lorsque je songe à l'instant d'après, à ce qui m'attend lorsque cette rencontre magique sera du passé...
La peur m'étreint...
Elle fait partie des sentiments qui m'envahissent lorsque je goûte à ce bonheur. Car sans la conscience de cette fin inéluctable, ce bonheur aurait-il la même saveur, me donnerait-il les mêmes émotions, lui accorderais-je autant de prix ?
Faut-il donc que nous fassions peur avec l'avenir - même aléatoire - pour apprécier pleinement le présent ?
Alors j'aurais presqu'envie de vous dire de me faire peur, en permanence, pour que mon présent soit un cadeau de chaque seconde, de chaque instant...
Mais le vivrais-je sereinement ? Tant d'angoisses au milieu de tant de bonheur...
Et si vous m'appreniez à raisonner mes peurs ?
Oui mais...
Je n'aurais alors plus ce vertige qui seul permet d'avoir la tête qui tourne, l'émotion nécessaire devant un moment d'exception...
La sensation de fragilité...
La sensation d'éphémérité...
Aïe...