• Festival de Cannes, intermittent

    Une fois encore, le spectre des annulations de festivals se profile à l'horizon.
    Sentiments mitigés de ma part...

    1) envie sincère de partager l'indignation, les craintes des intermittents du spectacle, comme "sacrifiés" sur l'autel de la rentabilité d'un système social à réformer...

    2) envie de leur dire qu'ils se trompent de cible, et doublement :
      a) les festivals : j'ai l'impression qu'en les perturbant, les empêchant, les annulant, les intermittents "scient la branche sur laquelle ils sont assis" : les festivals de l'été, en existant, font vivre des centaines voire des milliers de petits boulots, de saisonniers, d'intermittents, sans compter les commerces et autres activités et professions liées à la culture et au tourisme :
        - à très court terme, cet été, les intermittents n'auront pas d'emploi si les festivals n'ont pas lieu
        - à long terme, certaines manifestations risquent de ne pas se relever d'une seconde annulation successive et pourraient disparaître. C'est donc une ressource qui s'évanouit définitivement ;

      b) le gouvernement : sauf erreur, dans cette affaire, il n'y est pour rien, il ne peut rien (ou si peu) faire. Il s'agit d'un accord entre partenaires sociaux (patronnat et syndicats), le gouvernement n'étant là que pour entériner et contresigner. Que le Medef défende ses intérêts, et que ceux-ci aillent dans un sens différent de ceux des syndicats, je le conçois aisément. Chacun défend son point de vue et la procédure de négociation est justement là pour faire avancer le débat.
    Mais que les syndicats (en l'occurrence la CFDT) défendent une réforme qui ne va pas dans le sens des salariés qu'ils représentent, c'est plus surprenant.
    Et même lorsque le gouvernement a voulu rediscuter l'accord, en janvier dernier, c'est la CFDT qui s'y est opposée catégoriquement. Avec raison. On ne peut (c'est un point de droit irréfutable) remettre en cause un accord signé par les différentes parties concernées. La négociation est terminée. Sinon, c'est tout un pan du droit, de notre processus administratif, légal et démocratique qui s'effondre.

    3) envie de râler contre le gouvernement et les ministres de la culture, sans réaction face aux revendications, alors qu'ils ne sont ni responsables, ni la cause de cette situation.
    Que voit-on ? lors de cérémonies officielles (les César, par exemple) des artistes ont interpellé, parfois vertement, le ministre de la culture, le prenant à partie de cette situation. Et il est resté sans réaction ! alors qu'il n'y est pour rien !
    A sa place, j'aurais bondi et rejoint les intermittents et les artistes, joignant ma protestation avec la leur, et reprochant aux syndicats signataires de l'accord, leur refus de négocier et leur attitude de blocage manifeste.
    Mais surtout, je n'aurais pas toléré me faire agresser alors que je n'y suis pour rien.
    A croire que ces artistes n'ont rien compris (ou font adroitement semblant).

    Malheureusement, pour moi, les intermittents n'ont que deux solutions :
    - accepter cet accord, même à contrecoeur, car tout ceci est complètement légal et s'inscrit dans le processus démocratique, fondement de notre pays ;
    - ou faire pression sur la CFDT pour qu'elle change d'avis et agisse, étant la seule qui possède (éventuellement ?) le moyen de faire bouger les choses.

    Le problème n'est pas simple.
    Car une réforme, quelque peu choquante, a été légalement adoptée et mise en place.
    Comment la remettre en cause ?
    Là est tout l'enjeu du débat. Autant juridique que social et humain.


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