Je suis un homme, mi-quarantaine, marié, curieux, touche-à-tout, adorant lire, écrire, parler, créer...
Je cherche des espaces de discussion, des moments de respirations personnelles, au hasard de mes flâneries sur le Net.
Charmeur et sensuel, cérébral et libertin, je n'exclus pas que certaines affinités se parent de moments complices sans que l'on y puisse parfois trouver ni début ni fin...
Je ne suis qu'un lutin insouciant, mêlant l'espièglerie, la poésie, la folie joyeuse, une certaine élégance, le tout sans se prendre au sérieux...
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N'ayons pas peur des mots.
La claque à l'adolescence.
Après m'être bercé dans la houle tranquille des poètes classiques, de Hugo à Verlaine, de Rimbaud à Nerval, j'ai découvert Rostand et Cyrano !
J'ai été stupérait de la modernité du texte, de ce théâtre en vers si loin de Racine, où les réponses et réparties fusent d'un acteur à l'autre et dynamisent le rythme...
J'étais passé de la régularité tranquille d'un match de tennis au jaillissement espiègle d'une partie de ping-pong.
Et je découvrais que les propos les plus banals, une conversation, un récit pouvaient donner les alexandrins les plus dynamiques et élégants qui soient.
Une révélation.
Second phénomène : l'être bicéphale Christian-Cyrano qui séduit Roxane, celle qui personnifie la femme idéale que l'on imagine sur un piédestal inaccessible, si improbable qu'il faut être deux pour toucher son âme et lui voler un baiser.
J'ai joué de cela à l'adolescence, me complaisant si souvent dans le rôle de Cyrano que je l'ai fait mien plus d'une fois, préférant m'effacer plutôt que d'avancer en pleine lumière.
Mais, à la réflexion, n'aurais-je pas aimé être plus souvent Christian et tenir Roxane dans mes bras, au lieu de lui écrire des vers en secret ? C'est évident.
Alors, j'ai joué de cette carte, en souhaitant avoir la beauté de Christian et l'esprit de Cyrano (plutôt que l'inverse... sourire...), afin de toucher l'âme et de faire pétiller les yeux de la Roxane du moment.
Aimer être plaint, souhaiter qu'on me trouve beau, me dire que c'est peut-être un moyen de plaire, de charmer, sans prendre le risque de déconvenues hardies, attendre qu'elles viennent à moi, attendries par mes discours, par mes poèmes... Calimero, vous dis-je.

Alors, même si j'en gardais le verbe, n'ai-je pas laissé derrière moi un peu de ce qui faisait la grandeur de Cyrano pour n'en garder que l'apparence ?
Troquer le panache contre une coquille vide, c'est moins glorieux mais plus sécurisant !
Publié par charmeur75 à 18:34:40 dans 3. Etats d'âmes | Commentaires (4) | Permaliens
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