Je suis un homme, mi-quarantaine, marié, curieux, touche-à-tout, adorant lire, écrire, parler, créer...
Je cherche des espaces de discussion, des moments de respirations personnelles, au hasard de mes flâneries sur le Net.
Charmeur et sensuel, cérébral et libertin, je n'exclus pas que certaines affinités se parent de moments complices sans que l'on y puisse parfois trouver ni début ni fin...
Je ne suis qu'un lutin insouciant, mêlant l'espièglerie, la poésie, la folie joyeuse, une certaine élégance, le tout sans se prendre au sérieux...
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Moment de fatigue, dans le métro.
Je me colle contre la vitre, mes yeux partent dans le vague... et je songe...
Soudain, un souvenir revient...
Une femme, croisée un jour, dans un de ces wagons suburbains, dans la même position que moi actuellement...
Mais elle n'était pas assoupie, ni alanguie de fatigue.
Elle tenait la photo d'un nourrisson dans ses mains, la regardait fixement et, de ses yeux rougis, des larmes coulaient silencieusement, sans discontinuer...
Je me souviens avoir été atterré, désemparé...
Que dire ? que faire ?
Je ne savais si je devais réagir, et comment le faire, devant cette vision poignante... et je suis resté debout, interdit, très mal à l'aise...
Les autres voyageurs semblaient indifférents, impassibles ou ne l'avaient peut-être même pas remarquée...
Et mon esprit échafaudait mille hypothèses sur les raisons de la douleur de cette femme.
Venait-elle de perdre son enfant ? je me rassurai (sans être totalement convaincu) en me disant que la douleur d'une mère ne pouvait être aussi contenue, si c'était le cas...
Etait-il malade ? hospitalisé ? confié à une autre personne ? à une autre famille ?
Etait-ce elle qui devait s'éloigner ? qui devait être hospitalisée ?
Je me perdais en conjectures...
J'aurais aimé être moins indifférent, faire preuve de sollicitude, de compassion...
Mais elle était dans une bulle intime avec le bébé qu'elle tenait en photo dans ses mains.
Il me semblait qu'elle méritait qu'on la laissât en paix dans cette communion silencieuse dont le motif me resterait à jamais ignoré...
Publié par charmeur75 à 14:56:20 dans 1. Au jour le jour | Commentaires (6) | Permaliens
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