Je suis un homme, mi-quarantaine, marié, curieux, touche-à-tout, adorant lire, écrire, parler, créer...
Je cherche des espaces de discussion, des moments de respirations personnelles, au hasard de mes flâneries sur le Net.
Charmeur et sensuel, cérébral et libertin, je n'exclus pas que certaines affinités se parent de moments complices sans que l'on y puisse parfois trouver ni début ni fin...
Je ne suis qu'un lutin insouciant, mêlant l'espièglerie, la poésie, la folie joyeuse, une certaine élégance, le tout sans se prendre au sérieux...
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Peuple de Blogland, si j'ai fait ma demande il y a quelques jours, il faut que je vous raconte comment j'ai rencontré Little.
Tout à commencé il y a bien des années (non, pas avant Marignan... Maozozo, on se tait !) lorsque, tout petit, je voyais défiler les clients dans la pharmacie familiale.
Ils venaient chercher les potions que ma mère, fervente adepte de l'aromathérapie et de la phytothérapie, concoctait dans le petit laboratoire aux alambics d'alchimiste.
Les préparations, poudres, feuilles séchées, sirops, huiles, breuvages, pilules et comprimés, s'étalaient dans de nombreux bocaux de faïences aux noms latins écrits de gothique à l'encre bleue, sur les multiples étagères de bois sombre de la boutique.
L'odeur mêlée d'épices et d'alcools a bercé mon enfance et revient parfois me troubler la tête lors d'instants de nostalgie.
J'étais un enfant alors tout à la fois craintif et turbulent, et déjà j'aimais faire mes « coups en douce ». De la bande de gamins du quartier, je n'étais pas le chef proclamé mais j'œuvrais subtilement pour faire passer mes idées. J'aimais ces interventions discrètes, ces manipulations, ces distillations subtiles (influence maternelle ?) de mots et d'idées pour manœuvrer et faire adopter mes choix en catimini.
Bien sûr, cette façon d'agir avait son revers. Plus d'une fille fut mon égérie secrète, ma muse discrète... Elles n'en surent jamais rien. A cette époque, j'aimais déjà la poésie et je découvrais Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Gérard de Nerval et surtout Edmond Rostand et son fabuleux « Cyrano de Bergerac ». Les poèmes que j'ai écrits à cette époque ont souvent reflété cet état d'esprit où je couvais mes passions en secret, et où je laissais ma place à plus hardi que moi auprès des élues de mon cœur.
Comme je l'écrivais alors, non sans cultiver ce sentiment de victimisation qui a accompagné longtemps mes tourments d'adolescent :
S'il est Christian,
Je suis Cyrano !
Et puisqu'il est beau,
Je serai éloquent !
Alors, avec tout cela, lorsque la petite Little nous rejoignait, blonde comme les blés, fine et chétive comme une petite fée, sur son vélo rouge, nous partions sur les chemins... à bicyclette... Eh oui, la chanson d'Yves Montand a également bercé mon enfance !
Little... accompagnée de sa petite sœur Tim...
Autant l'une était fée blonde, autant l'autre, aux cheveux d'un noir de jais, avait un tempérament de petite sorcière espiègle dont nous nous méfiions souvent.
Dans mes souvenirs, elle ressemblait un peu à Wednesday, la petite fille de la famille Addams (non, Tim, pas taper... mes souvenirs s'embrouillent, tu sais...).
Je n'ai rien avoué à l'époque à cet ange, aussi blond que sa cadette était brune... (différence surprenante, mais sa mère - Mamankeli comme elle disait - avait eu, je crois, des amours tourmentées... quant à son père, je pense ne l'avoir jamais vu...).
Et je me suis contenté de cet amour secret...
Puis je suis parti vivre et m'établir dans la grande ville. Tous ces souvenirs se sont estompés. La pharmacie a été reprise par ma sœur lorsqu'elle obtint son doctorat.
Parfois, à l'occasion de vacances, lorsque je revenais en ces lieux familiaux, j'apercevais la brune Tim venir chercher des ingrédients pour ses préparations qui faisaient chuchoter dans son dos les commères du quartier. Dieu, qu'elle était devenue belle ! Et je crois que le mystère qui l'entourait, ces allégations de sorcellerie ou de magie n'y étaient pour rien ! Même sans cela, elle aurait fait tourner bien des têtes et suscité bien des commentaires : elle était devenue une femme accomplie, aux formes sensuelles, aux décolletés vertigineux, au regard ensorcelant...
Je n'ai jamais osé lui demander des nouvelles de sa grande sœur... Little...
Jusqu'à cette fin d'après-midi d'été.
Un couple entre dans la pharmacie et une femme demande à mon beau-frère (qui était derrière le comptoir ce jour-là) des pansements puis des préservatifs. Il s'enquiert de précisons complémentaires. Elle explique qu'elle veut essayer les préservatifs avec son chien, que c'est par précaution puisqu'il est blessé.
Je me trouvais par hasard dans la pièce voisine à ce moment-là. Inutile de vous dire que j'ai penché la tête pour voir qui pouvait faire cette demande ahurissante.
Deux choses m'ont alors frappé et resteront à jamais gravées en ma mémoire. La première était la tête hallucinée de mon beau-frère, cramoisi, les yeux exorbités, la bouche béante, suffoquant, ne sachant s'il devait se contenir ou expulser cette « femelle lubrique » (comme je le connais, il devait certainement la qualifier ainsi, sur le moment présent, j'en suis certain). La seconde chose fut un visage blond comme les blés d'août, bronzé comme un pain d'épices de Bourgogne, un sourire désarmant, une silhouette fine et gracile, toute petite... Little !
Il m'a fallu plusieurs minutes pour m'en remettre, moi aussi. Et lorsque mon cœur se calma enfin, elle avait disparu depuis longtemps !
Mais la seule femme qui osait se promener en ville avec Tim, aussi blonde que sa cadette était brune, ne pouvait être que Little.
Je l'ai abordée, enfin... Nos retrouvailles furent épiques et parsemées de fous rires, d'embrassades, et de récits, jusque tard dans la nuit...
Cet été-là, j'ai ressorti mon vélo...
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P.-S. Tout ceci est véridique. Si vous souhaitez des précisions, il vous suffit de cliquer sur les liens dans le texte...
Publié par charmeur75 à 08:36:41 dans 4. Mes rencontres | Commentaires (8) | Permaliens
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