Je suis un homme, mi-quarantaine, marié, curieux, touche-à-tout, adorant lire, écrire, parler, créer...
Je cherche des espaces de discussion, des moments de respirations personnelles, au hasard de mes flâneries sur le Net.
Charmeur et sensuel, cérébral et libertin, je n'exclus pas que certaines affinités se parent de moments complices sans que l'on y puisse parfois trouver ni début ni fin...
Je ne suis qu'un lutin insouciant, mêlant l'espièglerie, la poésie, la folie joyeuse, une certaine élégance, le tout sans se prendre au sérieux...
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Pas d'actualité polémique ce matin. Sans doute parce que tout ça reste bien futile, en quelque sorte...
Par contre, ce matin encore, je prenais le métro pour aller au bureau.
Et un inévitable quémandeur est venu faire son discours dans la rame, exposant ses malheurs, s'excusant du dérangement occasionné aux voyageurs paisiblement assis et sollicitant quelque ticket restaurant ou quelque euro...
Je donne rarement. Pas par choix personnel. Mais parce que, si je donne à tous ceux que je vois, chaque jour, alors avant la fin du mois, je les aurai rejoints dans leurs soucis financiers. Je préfère donc choisir celui ou celle qui m'aura touché plus que les autres. Je pense que beaucoup agissent comme moi.
Il avait la cinquantaine, grand. Effectivement, son accident médical semblait réel, et son exposé touchant et digne.
J'ai donné.
Et son sourire a effacé toutes les hontes que j'accumule les autres jours, lorsque je garde mes mains dans mes poches.
Sans chercher ici une justification ni une quelconque approbation, je voulais parler des autres. De ceux qui sont organisés en véritable institution.
Moi qui n'aime déjà pas l'accordéon en temps normal, je suis comblé.
La diaspora des pays de l'Est a envahi depuis plusieurs années les sous-sols du métro parisien.
Depuis deux ou trois ans, ils massacrent consciencieusement les rengaines des années 50 ou du folklore d'Europe centrale.
Et depuis quelques mois, les cuivres ont fait leur apparition ; trompettes, trombones à coulisse, accompagnés de clarinettes, avec l'inévitable accompagnement musical enregistré et diffusé sur une sono portable à roulettes !
Il devient impossible de se parler, de lire ou d'écrire, encore moins de se reposer, lorsque, dans l'espace confiné du wagon, en plus du bruit parfois difficilement supportable du déplacement de la rame, il vous est infligé des sons à pleine puissance, ces musiciens ignorant tout de l'existence de sourdines pour instruments de musique.
A tel point que, lorsqu'ils entrent dans un wagon, je me suis surpris à le quitter aussi vite, pour m'installer dans la voiture voisine, un peu plus au calme, en priant qu'ils ne s'y engouffrent au prochain arrêt, et en plaignant de tout mon cœur les malheureux passagers qui doivent subir cet assourdissant vacarme !
Inutile de vous dire, vous l'aurez compris, que je ne donne pas le moindre centime à ce genre d'importuns, organisés en bandes, véritables mafias sans aucun point commun avec un quelconque nécessiteux.
On pourrait en dire autant des handicapés et grabataires de Roumanie ou d'ailleurs. Déposés le matin en Mercedes aux terminus des lignes de banlieue, ils (ou elles) passent leurs journées en haillons, à geindre et à s'apitoyer, quand ils ne sont pas accompagnés d'enfants, afin de mieux toucher le cœur des voyageurs. Le soir venu, ne boitant soudainement plus, ils reprennent le chemin de leur lieu d'hébergement.
Je ne culpabilise pas sur eux, je dois l'avouer.
Pour moi, la vraie détresse est ailleurs, parfois dans un simple regard, digne, silencieux, mais qui est comme un cri de désespoir.
Publié par charmeur75 à 16:28:17 dans 2. Billets d'actu | Commentaires (2) | Permaliens
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